1001 livresOuvrage collectif. Préface de Jean d’Ormesson.
Réalisé sous la direction de Peter Boxall


Je dois reconnaı̂tre que mes premières réactions à la lecture de ce titre ont été négatives. Qui est cet auteur qui ose présenter son ouvrage comme la somme de ce qui DOIT ETRE LU ? Même s’il s’agit d’un ouvrage collectif , ce titre m’a paru présomptueux, impératif et dérangeant . Si je ne les ai pas lus, ces livres, je passe alors pour qui ? Tout simplement pour quelqu’un qui n’a pas lu son livre.

Et alors ?
L’annonce d’une préface signée Jean d’Ormesson me calme un peu. Si un esprit aussi raffiné que le sien cherche à nous faire part de sa « lecture enchantée « de cet ouvrage, je n‘en bouderai pas mon plaisir. Mais il va encore plus loin. Ce livre , nous assure Jean d’O , « Ce n’est pas encore tout à fait le paradis de la lecture qui nous est offert aujourd’hui, c’est son programme nécessaire et très précieux, ses échantillons, son délicieux avant-goût . "Ouvrez le livre ".
Je l’ai ouvert voilà deux heures et je butine. Pour faire un peu le point avec vous chers amicalistes confinés, je vous livrerai quelques unes de mes remarques. Non point de critiques négatives. Car les choix des auteurs leur appartiennent ; d’autres auteurs auraient arrêté d’autres choix tout aussi valables.
Quelques questions pour commencer : Comment cet ouvrage a t il été composé ?
Il a été composé par un directeur éditorial et un collectif de collaborateurs . Le directeur est Peter Boxall, universitaire et écrivain britannique , rédacteur en chef de la célèbre revue « extral Practice » et professeur d’anglais à l’Université du Sussex. Les rédacteurs, 170 environ, constituent un échantillon de la communauté internationale des lecteurs qui comprend des critiques littéraires, des universitaires , romanciers, poètes et journalistes ; chacun est un spécialiste du sujet qu’il présente dans le livre.
Chaque texte critique que contient l‘ouvrage est composé d’environ 300 mots seulement. 300 mots, soit un quart de page, pour nous présenter A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU de Proust qui compte des dizaines de milliers de pages, et autant pour L’ETRANGER d’Albert Camus qui en aligne seulement moins de 180 . 300 mots pour chaque notice « tient indubitablement de la folie » avoue Peter Boxall. « Pourtant c’est la brièveté de chaque article qui fait la force du livre ».Il cherche à montrer ce qui rend chaque roman si unique , si fascinant, si indispensable. A titre de comparaison, le texte de cet « à propos... » comprend presque 700 mots !
Chaque ROMAN ? Oui, cet ouvrage se centre quasi exclusivement sur les romans publiés aux XIX° et XX° siècles. Il commence par un clin d’oeil : la présentation des
Mille et Une Nuits parues aux alentours de 850. Du IX° au XVIII° siècle , choix d’une soixantaine d’ouvrages seulement. Au XIX° plus de cent cinquante, mais plus de six cent cinquante pour le XX° et déjà une soixantaine pour le XXI°.
Cette édition se présente comme internationale . Certains lui ont reproché la surreprésentation de la langue anglaise. C’était prévisible pour un ouvrage conçu et réalisé par des britanniques. Il ne faut pas oublier que la production mondiale d’oeuvres littéraires est pour plus de 60% en langue anglo-saxonne . Aussi, je trouve que cet ouvrage fait la part belle à la langue française . Plus de 150 titres, soit 15 % de l’ensemble des livres de la littérature mondiale récente . Je n’espérais pas une telle reconnaissance.
Pour terminer, cher(e)s amicalistes confinés, comme Jean d’Ormesson nous y invite, transformez cette contrainte en plaisir et plus. Ouvrez ce livre et promenez vous de page en page : je vous garantis quelques heures de pur bonheur …avant d’aller goûter un peu plus tard aux textes des auteurs, oubliés ou inconnus de nous .


René Trochet Mars 2020
Les1001 livres qu’il faut
avoir lus dans sa vie .
Préface de Jean d’Ormesson.
Ouvrage réalisé sous la direction
De Peter Boxall
Edition Flammarion
Nouvelle édition 2013, pages 960, poids1,92 Kg .